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21/04/2016

Terriblement Ancien Régime...





L'éditorial de Patrick Apel-Muller

"Les chevau-légers du libéralisme s’accordent pour sabrer les droits sociaux et débarrasser les ultra-riches de l’obligation de reverser un peu de ce qu’ils ont amassé sur le dos des salariés."

À quelques heures d’intervalle, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, se prononçait pour la suppression de l’impôt sur la fortune et Bruno Le Maire, prétendant à la candidature LR, prônait la réduction de l’impôt sur le capital de 60 à 25 %. Les chevau-légers du libéralisme s’accordent pour sabrer les droits sociaux et débarrasser les ultra-riches de l’obligation de reverser un peu de ce qu’ils ont amassé sur le dos des salariés. L’un tourne dans le manège gouvernemental ouvert par un François Hollande, séduit par ce banquier qui n’aime pas la gauche. L’autre se dresse sur ses étriers pour prendre la tête d’une restauration. Ils vont l’amble, même pas, même credo. Les décombres du quinquennat, les désarrois populaires, leur semblent l’occasion à saisir pour ruiner le modèle social français. Ils sont pressés, craignant que les mouvements contre la loi El Khomri, les Nuits debout, la recherche d’une alternative progressiste à la crise de régime les prennent de vitesse.

Le discrédit du pouvoir a pris d’incroyables proportions, attesté par les sondages. La perspective de retrouvailles Hollande-Sarkozy au second tour de la présidentielle révulse l’opinion… Trop de promesses trahies, trop de difficultés éprouvées. Cette page est sur le point de se tourner. Le score estimé d’un Jean-Luc Mélenchon, premier candidat déclaré d’une gauche de transformation, témoigne de la recherche d’une expression par le courant progressiste qui devient une alternative crédible, s’il parvient à s’unir dans les mois qui viennent. Alors se remettra en marche le progrès social. Ainsi, le mirage macronien du « tous milliardaires » ne tardera pas à se révéler comme la promesse d’une ubérisation qui réduirait la jeunesse à pédaler vers plus de précarité et d’exploitation, comme le montre notre enquête d’aujourd’hui sur les livreurs de repas dans la capitale. Le fringant banquier fera alors terriblement Ancien Régime.


Source : l'Humanité.fr 21/04/2016