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18/10/2015

La CGT met en garde contre «l'exaspération des salariés» qui monte




Article du Figaro.fr du 18/10/2015.

«Faites attention, ça va exploser». Le message du secrétaire général Philippe Martinez dans Le Journal du Dimanche annonce à l'exécutif un climat social qui n'ira qu'en empirant si rien n'est fait en faveur des salariés.

Pas de compromis avec le gouvernement. C'est en substance la position ferme et critique exprimée par Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, dans Le. Le mois d'octobre est en effet particulièrement tendu sur le plan du dialogue social avec les agressions subies par les deux cadres d'Air France, le salarié de STX refusant de serrer la main du président de la République, et la négociation houleuse sur les retraites complémentaires où la CGT a finalement claqué la porte (de même que FO).

Philippe Martinez ne regrette rien de ces positions, notamment sur Air France où il fustige la position du premier ministre Manuel Valls qui soutient la direction d'Air France dans son action en justice. «Le premier ministre s'entête à ignorer les salariés. Pas un mot pour les 3000 futurs licenciés. Pas un mot après que cinq salariés ont été réveillés par la police devant leur famille et gardés à vue plus de trente-six heures comme des malfrats de la pire espèce. Et toujours pas un mot du premier ministre pour dire que c'est exagéré» dénonce-t-il. Un premier ministre et des membres du gouvernement qui font de plus, selon lui, un mauvais procès en «conservatisme» (selon les mots de Manuel Valls) à la CGT: «La ministre du Travail (Myriam El Khomri, ndlr) et Manuel Valls nous renvoient la responsabilité d'un possible échec électoral en décembre et à la présidentielle, et si le FN gagne, ce sera aussi la faute de la CGT… Mais on va où là?»

La conférence sociale, un événement «pas sérieux du tout»

Pour le représentant syndical, le chef de l'Etat qui est à ses yeux «dans la continuité de son prédécesseur» n'a pas tenu ses promesses et affiche un bilan négatif: «Il a dit que son ennemi est la finance, mais les dividendes des actionnaires ont augmenté de 60% en cinq ans; il voulait faire de la jeunesse une priorité mais les jeunes vivent plus mal que leurs parents. Et on voit que le salaire médian a reculé en 2013».

Autant de raisons pour laquelle la CGT a annoncé qu'elle ne participerait pas à la conférence sociale organisée lundi par le gouvernement. Un choix parfaitement assumé: «Cette conférence sociale c'est uniquement de la communication, ce n'est pas sérieux du tout. On ne va pas écouter une grand-messe d'experts patronaux et participer à des tables rondes avec des ministres qui viennent se faire valoir. Il y a des sujets qui ne sont pas pris en compte. La CGT veut parler des salaires et du temps de travail, car ce sont clairement les priorités des Français (…) Quand les salariés ne sont pas contents, il faut des signes forts des syndicats. Chez Air France, notre refus de participer à la conférence sociale est très apprécié». Une décision renforcée par l'opposition de la CGT, vendredi dernier, sur la question des retraites complémentaires et de l'accord signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC: «Cet accord est tout simplement scandaleux. Sur les 6 milliards d'économies, il y a 5,4 milliards qui se feront sur le dos des salariés et des retraités (…) Ce n'est pas ce que j'appelle un équilibre!»

Autant de motifs de colère qui amène Philippe Martinez à mettre en garde le gouvernement: «Nous on a prévenu. Quand on croise des ministres, on leur dit l'exaspération des salariés, on leur dit ‘Faites attention, ça va exploser'». Et le secrétaire général de la CGT de laisser entendre que d'autres expressions de colère sociale de type Air France risquent de se reproduire: «Quand on n'est jamais écoutés, qu'on risque de perdre son boulot et qu'il y a 6 millions de chômeurs, on ne va pas prendre ça avec le sourire. Seuls ceux qui ne connaissent pas la vie s'étonnent des expressions de colère».